Déclarer un décès aux impôts : délais, prélèvement à la source et déclaration de revenus
Temps de lecture : 9 min · Dernière mise à jour : 2026-09-22
L'administration fiscale doit être informée d'un décès rapidement, car il modifie immédiatement la situation du foyer : composition, taux de prélèvement à la source, avis d'imposition, taxes locales. Un signalement tardif entraîne des prélèvements inadaptés, parfois pendant plusieurs mois, et des régularisations pénibles à démêler ensuite.
Deux volets se superposent. Le premier concerne l'impôt sur le revenu et les taxes locales du défunt, à traiter auprès du centre des finances publiques. Le second concerne la succession, qui suppose une déclaration spécifique dans un délai strict. Ce guide distingue clairement ces deux obligations et précise les délais applicables.
Angle de ce guide
Ce guide privilégie un angle chronologique : quoi faire en premier, quoi préparer, puis quels organismes traiter selon l'urgence réelle.
Signaler le décès à l'administration fiscale
Le décès doit être signalé dans les soixante jours au service des impôts dont dépendait le défunt. Le plus simple est d'utiliser l'espace particulier en ligne du défunt ou celui du conjoint survivant, à la rubrique de gestion du prélèvement à la source, qui permet de déclarer un changement de situation familiale. Le signalement peut aussi être fait par courrier ou au guichet du centre des finances publiques.
Ce signalement met à jour la composition du foyer fiscal, recalcule le taux de prélèvement à la source du conjoint survivant et arrête les prélèvements établis au nom du défunt. Il permet aussi d'obtenir la suspension des acomptes prélevés sur des revenus qui n'existent plus.
- Délai : soixante jours à compter du décès
- Canal recommandé : espace particulier en ligne, rubrique prélèvement à la source
- Informations à fournir : date du décès, identité du défunt, numéro fiscal
- Conséquence immédiate : nouveau taux de prélèvement pour le conjoint survivant
Sources officielles à vérifier : impots.gouv.fr — décès d'un proche
La déclaration de revenus de l'année du décès
L'année du décès donne lieu à un traitement particulier. Pour une personne seule, une déclaration est déposée au nom du défunt pour les revenus perçus entre le 1er janvier et la date du décès ; elle est souscrite par les héritiers.
Pour un couple marié ou pacsé, deux périodes coexistent : une déclaration commune couvrant la période allant du 1er janvier à la date du décès, puis une déclaration personnelle du conjoint survivant pour la période postérieure. Les deux déclarations sont déposées lors de la campagne déclarative de l'année suivante, aux dates habituelles.
Qui dépose la déclaration
Le conjoint survivant dépose la déclaration lorsqu'il existe. À défaut, ce sont les héritiers qui souscrivent la déclaration du défunt. L'impôt correspondant constitue une dette de la succession, payée sur l'actif successoral avant partage.
Ce qu'il faut rassembler
Il faut réunir les justificatifs de tous les revenus perçus jusqu'au décès : bulletins de salaire, pensions de retraite, revenus fonciers, revenus de placements, ainsi que les charges déductibles et crédits d'impôt éventuels. Les revenus versés après le décès, comme une réversion, relèvent de la déclaration du bénéficiaire et non de celle du défunt.
Taxe d'habitation, taxe foncière et redevances
Les taxes locales restent dues pour l'année du décès. La taxe foncière est établie au nom du propriétaire au 1er janvier ; elle est donc émise au nom du défunt et payée par la succession, puis par les héritiers pour les années suivantes tant que le bien n'est pas vendu ou partagé.
La taxe d'habitation sur les résidences secondaires suit la même logique. Il est utile de signaler au service des impôts si le logement devient vacant, ce qui peut modifier l'imposition applicable. Les prélèvements mensuels en cours doivent être arrêtés pour éviter des rejets bancaires après le blocage des comptes.
- Arrêter les prélèvements mensuels établis sur le compte bloqué du défunt
- Signaler la vacance éventuelle du logement
- Conserver les avis pour la déclaration de succession
- Prévoir le paiement des taxes de l'année en cours sur l'actif successoral
La déclaration de succession
Distincte de l'impôt sur le revenu, la déclaration de succession recense l'actif et le passif du défunt et détermine les droits de succession éventuels. Elle doit être déposée dans les six mois suivant le décès lorsque celui-ci a eu lieu en France, avec un délai porté à douze mois en cas de décès à l'étranger.
Cette déclaration est généralement établie par le notaire chargé du règlement de la succession, en particulier lorsque le patrimoine comprend un bien immobilier. Le retard de dépôt entraîne des intérêts de retard et une majoration, ce qui rend essentiel le respect du délai, même en cas de succession complexe.
Sources officielles à vérifier : Service-public.fr — déclaration de succession
Documents à préparer
- Acte de décès original
- Numéro fiscal et avis d'imposition du défunt
- Justificatifs de revenus perçus jusqu'au décès
- Avis de taxe foncière et de taxes locales
- Relevés bancaires et inventaire du patrimoine
- Coordonnées du notaire chargé de la succession
Organismes à contacter
- Centre des finances publiques du domicile du défunt
- Service de l'enregistrement pour la déclaration de succession
- Notaire chargé du règlement de la succession
Questions fréquentes
Quel est le délai pour signaler un décès aux impôts ?
Le décès doit être signalé dans les soixante jours au service des impôts du défunt, de préférence via l'espace particulier en ligne à la rubrique du prélèvement à la source.
Le conjoint survivant doit-il déposer deux déclarations ?
Oui pour l'année du décès : une déclaration commune couvrant la période précédant le décès, puis une déclaration personnelle pour la période postérieure. Les deux sont déposées lors de la même campagne déclarative.
Qui paie l'impôt sur les revenus du défunt ?
L'impôt dû sur les revenus perçus jusqu'au décès est une dette de la succession. Il est acquitté sur l'actif successoral avant le partage entre héritiers.
Faut-il continuer à payer la taxe foncière ?
Oui. La taxe foncière de l'année du décès est due par la succession, puis par les héritiers propriétaires les années suivantes, tant que le bien n'a pas été vendu ou partagé.
Le taux de prélèvement à la source change-t-il automatiquement ?
Il est recalculé après le signalement du décès et la mise à jour de la situation familiale. Sans ce signalement, l'ancien taux continue de s'appliquer, souvent au désavantage du conjoint survivant.
Quel est le délai de la déclaration de succession ?
Six mois à compter du décès survenu en France, douze mois en cas de décès à l'étranger. Un dépôt tardif expose à des intérêts de retard et à une majoration.
Conclusion
Le volet fiscal d'un décès se joue sur deux calendriers : un signalement rapide sous soixante jours pour ajuster le prélèvement à la source, puis des obligations déclaratives plus lourdes, dont la déclaration de succession sous six mois. Séparer clairement ces deux échéances évite la confusion la plus fréquente.
Rassembler tôt les avis d'imposition, justificatifs de revenus et documents relatifs au patrimoine simplifie considérablement la suite, y compris pour le notaire. Ces mêmes pièces servent d'ailleurs à la plupart des autres démarches administratives liées au décès.